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La séance d’hier s’est déroulée sans les Américains, et cela s’est reflété dans le résultat. Le jour férié de Labor Day aux États-Unis a fait disparaître l’activité habituelle du marché ; le dollar s’est retrouvé privé de statistiques nationales comme de la demande de ses propres intervenants, et la volatilité s’est réduite au minimum. Les acheteurs de l’euro, s’appuyant sur la récente solide publication du PIB de la zone euro, ont tenté de pousser la paire au-dessus du plus haut de la journée, mais n’ont pas réussi à s’y maintenir. Pour un marché peu liquide, le résultat est logique : tout mouvement s’essouffle rapidement.
Aujourd'hui, la configuration change, mais sans rupture majeure. En première partie de séance, l'Allemagne publie sa balance commerciale, suivie par les données françaises sur le commerce extérieur, puis l'attention se déplace vers les auditions parlementaires consacrées au rapport de politique monétaire de la Bank of England. Les deux premières publications passent généralement presque inaperçues, mais après une séance de jour férié — lorsque le marché cherche le moindre prétexte pour bouger — le chiffre allemand peut donner à l’euro le premier élan de la journée. Une balance commerciale fortement excédentaire soutient la monnaie unique ; un chiffre faible confirmerait les difficultés du modèle orienté exportations et renverrait la paire vers le bas de la fourchette. Les auditions de la BoE portent un potentiel bien plus important, car elles ne concernent pas les mois passés, mais la vision prospective de la banque centrale sur les taux, et toute remarque sur le rythme de l’assouplissement peut faire bouger la livre.
Le niveau est intéressant parce que de nombreux stops sont regroupés derrière lui ; lorsque le prix le dépasse, le mouvement gagne une accélération supplémentaire. Nous rejoignons l’impulsion sur le breakout lui‑même plutôt que d’essayer de le deviner à l’avance.
Nous nous positionnons à contre‑pied de ceux qui se sont précipités. Le prix franchit un niveau, ne trouve pas d’acheteur ou de vendeur majeur à cet endroit, puis revient en arrière — les intervenants piégés et leurs stops amplifient le mouvement de correction.
Aujourd’hui, je découpe la séance en deux phases. Avant les publications allemandes et françaises, le marché reste dans le prolongement de l’accalmie d’hier, et les opérations en limite de range paraissent plus adaptées. Après les publications — et surtout une fois les auditions de la BoE commencées — la priorité se déplace vers les scénarios de cassure, car le marché dispose enfin d’un catalyseur pour un mouvement directionnel qui lui faisait défaut hier. Pour l’euro, je penche pour une poursuite des tentatives de progression, mais sans confirmation de la séance américaine, il sera difficile d’atteindre les objectifs supérieurs. Pour la livre, je n’exclus pas une nette extension de la fourchette dans l’après-midi ; je préfère attendre la réaction aux auditions plutôt que de prendre une position anticipée.