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20.07.2026 02:56 PM
L’EUR/USD sous pression après le recul de l’industrie et un déficit commercial record

La semaine dernière a porté un nouveau coup macroéconomique à l’euro. Les données d’Eurostat publiées du 15 au 17 juillet ont confirmé une détérioration des fondamentaux de la zone euro, sur fond de tensions géopolitiques persistantes et de coût élevé des importations d’énergie.

La production industrielle dans la zone euro a reculé de 0,2 % sur un mois en mai, décevant des marchés qui s’attendaient à une hausse de 0,2 %. En rythme annuel, la performance a été encore plus faible, avec un repli de 1,2 %. Cela ramène l’industrie européenne en territoire de contraction après un bref rebond en avril (+0,1 % sur un mois). Les chiffres de l’Allemagne ont fortement pesé à la baisse en raison de la faiblesse des commandes à l’exportation et de problèmes persistants dans le secteur automobile. Pour l’Union européenne dans son ensemble, la production a diminué de 0,1 % sur un mois et de 0,3 % sur un an.

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Les chiffres du commerce extérieur se sont également dégradés : en mai, la zone euro a enregistré un déficit de 7,8 milliards d’euros, contre un excédent de 15,0 milliards un an plus tôt. Cette forte détérioration s’explique par une envolée des importations : elles ont augmenté de 10,0 % sur un an pour atteindre 251,4 milliards d’euros, tandis que les exportations ne progressaient que de 0,1 %. Derrière cela se cache une arithmétique simple mais inquiétante : l’Europe continue d’importer une énergie coûteuse de l’étranger tout en perdant en compétitivité sur les exportations de produits finis. Le déficit est le plus profond depuis avril 2023.

Les tensions inflationnistes sous-jacentes dans les services restent fermes, à 3,2 %, et le déficit de la balance commerciale montre que les problèmes structurels de la zone euro sont loin d’être résolus.

Les tensions dans le détroit d’Hormuz restent élevées : le Brent est repassé au-dessus de 85 dollars le baril et le trafic de pétroliers a nettement reculé. Pour une Europe importatrice d’énergie, cela signifie des coûts durablement élevés et, par conséquent, le risque d’une nouvelle vague d’inflation au second semestre. Parallèlement, le ton restrictif de la Fed et la hausse des rendements des Treasuries américains continuent de soutenir le dollar.

La grande majorité des analystes et des intervenants de marché s’accordent à dire que la ECB laissera son taux directeur inchangé à 2,25 % lors de la réunion de jeudi. La hausse de 25 points de base en juin a fait de la ECB la première des grandes banques centrales à relever ses taux en réponse à la guerre, et l’institution marque désormais une pause pour évaluer l’effet des mesures déjà prises. Au cours de la semaine écoulée, les marchés ont été convaincus qu’une pause en juillet était, de fait, acquise. Toutefois, l’escalade au Moyen-Orient et le retour du pétrole vers 90 dollars ont renforcé les anticipations restrictives pour septembre : un mouvement de 25 points de base en septembre est désormais entièrement intégré dans les prix. À en juger par leurs déclarations publiques, les responsables de la ECB semblent davantage préoccupés par le risque de sous-estimer un nouveau choc haussier sur l’inflation que par les risques pesant sur une économie faible mais stable.

Une position nette vendeuse sur l’euro s’est maintenue pour la deuxième semaine consécutive, mais le biais baissier reste modeste. Le prix implicite ne montre aucune dynamique.

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Bien que le prix implicite n’indique pas de nette baisse à court terme, nous partons du principe que l’euro subit des pressions croissantes. Nous nous attendons à ce que la phase de consolidation soit de courte durée. Lors d’une seconde tentative, l’EUR/USD devrait casser et se maintenir sous 1,1353 et amorcer un mouvement en direction du support à 1,1128.

Kuvat Raharjo,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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