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17.07.2026 12:47 AM
GBP/USD. Correction ou retournement ?

La livre, couplée au dollar, a atteint mercredi un plus haut de deux mois, à 1,3557. Bien qu’un repli marqué à la baisse soit intervenu jeudi, la paire conserve globalement un potentiel de hausse supplémentaire — et pas seulement en raison de l’affaiblissement du dollar américain.

Cependant, il est essentiel de comprendre les raisons de la correction de jeudi. Les traders ont réagi de manière assez douloureuse aux données de croissance économique publiées pour le Royaume-Uni. La publication était certes mitigée, mais on ne peut pas parler de catastrophe pour la devise britannique.

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Selon les données publiées, le PIB mensuel n’a augmenté que de 0,1 % en mai, après un recul de 0,1 % le mois précédent. À première vue, il s’agit d’un résultat faible. Mais « le diable se cache dans les détails ».

Premièrement, les indicateurs principaux sont ressortis dans la « zone verte ». Par exemple, la plupart des analystes prévoyaient une croissance nulle en rythme mensuel. Or, l’économie n’a pas réservé la mauvaise surprise que beaucoup redoutaient après le recul d’avril et la hausse des prix de l’énergie. Comme mentionné plus haut, le PIB a progressé de 0,1 % sur un mois, et le fait que l’économie soit revenue à la croissance dans des conditions aussi difficiles constitue un signal positif.

Deuxièmement, le chiffre le plus important n’est pas la mesure mensuelle, mais la mesure sur trois mois, que la Bank of England considère traditionnellement comme un indicateur plus fiable de la dynamique économique. Sur trois mois (jusqu’en mai inclus), l’économie britannique a crû de 0,7 %, contre une prévision de 0,4 %. D’un côté, c’est légèrement inférieur à la période de trois mois précédente, durant laquelle le PIB avait augmenté de 0,8 %. De l’autre, ce rythme de croissance demeure soutenu, ce qui montre que l’économie reste résiliente malgré la dégradation de l’environnement extérieur. En outre, en glissement annuel, le PIB a progressé de 1,3 % — son rythme de croissance le plus élevé des neuf derniers mois.

Enfin, il convient de noter que la structure du rapport apparaît plutôt encourageante.

Ainsi, le principal moteur de la croissance a une nouvelle fois été le secteur des services, qui a augmenté de 0,3 %. Les secteurs de haute technologie ont affiché une dynamique particulièrement impressionnante, notamment le développement de logiciels, la recherche scientifique et le secteur pharmaceutique.

Il est important de rappeler que le secteur des services représente environ 80 % du PIB britannique, de sorte que sa résilience est bien plus significative que toute faiblesse temporaire de l’industrie ou de la construction. Ces branches de l’économie ont effectivement déçu : le secteur manufacturier s’est contracté de 0,5 %, tandis que le secteur de la construction a reculé de 0,8 %. Toutefois, ces secteurs ont principalement subi des pressions liées à des facteurs externes — hausse des prix de l’énergie et incertitude géopolitique accrue. Même dans ce contexte de chocs, l’économie britannique a maintenu une dynamique positive, ce qui témoigne de sa résilience.

En d’autres termes, la publication de jeudi ne peut pas être qualifiée de « dovish ». La croissance soutenue du secteur des services et la vigueur des données sur trois mois laissent penser que la banque centrale n’éprouvera probablement pas le besoin de se précipiter pour assouplir sa politique monétaire. La publication de jeudi plaide plutôt en faveur du maintien d’une position attentiste, ce qui, dans les circonstances actuelles, constitue un facteur fondamental de soutien pour la livre.

À ce stade, il est nécessaire de revenir sur les raisons qui ont provoqué, mercredi, une envolée de près de 200 points de la paire GBP/USD. Cette dynamique a été moins liée à l’affaiblissement du dollar qu’au renforcement de la livre dans le sillage des événements politiques au Royaume‑Uni.

Le futur Premier ministre du Royaume‑Uni, Andy Burnham, a déclaré mercredi qu’il entend respecter les principes de discipline budgétaire et qu’il nommera probablement Shabana Mahmood au poste de Chancellor of the Exchequer, que les investisseurs considèrent comme partisane d’une politique budgétaire plus conservatrice. Sa candidature a été perçue comme un signal de continuité dans le contrôle financier du gouvernement et de respect des règles budgétaires, alors que la nomination d’un candidat plus à gauche (par exemple, Ed Miliband) aurait suscité des craintes d’augmentation des dépenses publiques et d’élargissement du déficit budgétaire.

Il s’agit là d’un point important pour les traders sur la paire GBP/USD, car une politique budgétaire plus stricte signifie un niveau d’emprunts publics plus faible, un risque réduit de croissance rapide de la dette et une confiance accrue des investisseurs dans les actifs britanniques. De plus, le marché garde encore en mémoire la crise de confiance qui a suivi le « mini‑budget » de Liz Truss en 2022 : par conséquent, tout signal en faveur de la responsabilité budgétaire est désormais perçu comme positif pour la devise britannique.

Par conséquent, à mon avis, la paire conserve un potentiel de hausse supplémentaire — tout repli des cours pourrait être considéré comme une opportunité d’ouvrir des positions longues. D’un point de vue technique, la paire évolue entre les lignes médiane et supérieure de l’indicateur Bollinger Bands sur le graphique en quatre heures, ainsi qu’au‑dessus de toutes les lignes de l’indicateur Ichimoku, qui a formé un signal haussier de type « Parade of Lines ». La limite supérieure de la fourchette de prix « de travail » se situe au niveau de 1,3560, qui correspond à la ligne supérieure de l’indicateur Bollinger Bands sur l’unité de temps H4.

Irina Manzenko,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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