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La paire de devises EUR/USD a évolué calmement au début de la semaine jusqu’à ce que l’Iran attaque un navire de guerre américain dans le Golfe persique, près de l’île d’Hormuz. Cette seule nouvelle a fait remonter le prix du pétrole à 120 $ le baril et a apporté un soutien puissant au dollar américain. Comme indiqué, nous anticipions un renforcement du dollar en raison des événements géopolitiques, mais désormais cela ne se produira que dans des cas isolés. Une véritable tendance haussière du dollar n’est possible que si la guerre au Moyen‑Orient repart de plus belle. Et il semble bien que les choses évoluent précisément dans cette direction.
Dans nos articles, nous préférons ne pas simplement énumérer toutes les nouvelles de la veille. Nous nous efforçons de fournir une analyse experte des événements mondiaux. De notre point de vue, la probabilité de parvenir à un accord de paix entre l’Iran et les États‑Unis, qui était déjà proche de zéro, reste inchangée. Quiconque suit les événements au Moyen‑Orient sait que l’Iran est soumis à des sanctions internationales depuis environ 50 ans en raison de son refus de démanteler ses capacités nucléaires. Les pays occidentaux considèrent l’Iran comme une menace pour leur sécurité et exigent donc de Téhéran qu’il renonce à tous ses stocks nucléaires et qu’il garantisse l’arrêt de tout enrichissement d’uranium à l’avenir. L’Iran refuse systématiquement de telles propositions depuis près d’un demi‑siècle. Par conséquent, il est peu probable que les récentes menaces militaires de Trump modifient la politique nucléaire de l’Iran.
Le président américain ressent vraisemblablement le goût de la défaite et a décidé d’imposer un blocus pétrolier à l’Iran, estimant que, privé des recettes tirées de l’exportation d’énergie, le pays céderait rapidement et signerait les documents requis. Toutefois, Téhéran est plus susceptible de reprendre des actions militaires dans le Golfe persique et de tenter de lever par la force le blocus américain. Bien sûr, il est encore trop tôt pour affirmer que le conflit reprendra, mais il est évident que quelques navires de guerre américains ne peuvent pas assurer le blocus du détroit d’Hormuz pendant des mois ou des années. L’Iran dispose de missiles et de drones, et les revenus pétroliers constituent une source majeure de son budget. Il paraît donc presque certain que les opérations militaires reprendront.
À quoi faut‑il s’attendre maintenant ? Premièrement, à la réaction de Washington à l’attaque contre le navire américain. Donald Trump a déjà proclamé une victoire totale sur l’adversaire et affirmé que tous les objectifs opérationnels avaient été atteints. Cependant, il semble que tout ne soit pas réglé, puisque la Maison‑Blanche continue d’attendre de l’Iran qu’il renonce à ses stocks nucléaires. Deuxièmement, on peut s’attendre à une nouvelle hausse des prix du pétrole, car une nouvelle escalade du conflit pourrait entraîner des conséquences encore plus dévastatrices pour les infrastructures de la région, en particulier les infrastructures pétrolières et gazières. En substance, il serait peu logique pour les alliés des États‑Unis de concentrer leurs efforts sur la réparation des installations endommagées ou détruites si une nouvelle guerre devait rapidement conduire à leur destruction à nouveau. Toutefois, nous ne pensons pas qu’une nouvelle tendance haussière du dollar commencera dans un avenir proche. Ce ne serait envisageable qu’en cas d’actions militaires encore plus intenses que celles de mars.
La volatilité moyenne de la paire de devises EUR/USD au cours des 5 dernières séances de trading, au 5 mai, est de 70 pips, ce qui est considéré comme « moyen ». Nous anticipons un mouvement dans la fourchette 1,1629-1,1769 mardi. Le canal supérieur de la régression linéaire s’est orienté à la baisse, ce qui indique une tendance baissière. Toutefois, la tendance haussière de 2025 pourrait encore reprendre. L’indicateur CCI est entré en zone de surachat et a formé deux divergences « baissières », signalant une correction à la baisse.
La paire EUR/USD conserve une tendance haussière sur fond d’affaiblissement de l’influence géopolitique sur le sentiment de marché et d’apaisement des tensions géopolitiques. Le contexte fondamental global pour le dollar reste extrêmement négatif ; par conséquent, nous tablons toujours sur une hausse à long terme de la paire. Si le prix se situe sous la moyenne mobile, des positions vendeuses peuvent être envisagées avec des objectifs à 1,1658 et 1,1629 sur la base de signaux techniques. Au-dessus de la ligne de moyenne mobile, des positions acheteuses avec des objectifs à 1,1780 et 1,1841 restent d’actualité. Le marché continue de se détacher des facteurs géopolitiques, tandis que le dollar perd son unique moteur de croissance.